Tupasy Maria, musique sacrée sud-américaine

Avec Dagmar Saskova, Judith Pacquier & Laurent Stewart

Date : 28 août 2022, 17:00
Âge recommandé : dès 10 ans

Tupasy Maria - Musiques du nouveau monde.

Présentation à 16h de l’orgue Jehan Alain à la Grange de la Dîme ou de l’orgue Tagliavini à la Chapelle St-Michel
Durée env. 30 min. – Entrée libre


Tupasy Maria, «mère de Dieu», est un titre en langue guarani issu d’un chant sacré des missions de la région de Chiquitos en Bolivie. Ce programme propose des œuvres mariales venant du Pérou, du Guatemala, du Mexique ou de Bolivie ainsi que de Séville, ville mère de toutes les conquêtes. Les cultes de «déesse-mère» sont rapidement identifiés par les différents ordres évangélisateurs sur tout le continent américain.

Ces derniers y voient, mettant en parallèle les pensées amérindiennes et occidentales, l’équivalent du culte à la Vierge chez les catholiques. L’apparition de la Vierge au Mexique, en décembre 1531, a des répercussions décisives sur l’évangélisation : Marie apparait à l’indien Juan Diego Cuauhtlaoatzin sous la forme d’une jeune fille. Elle s’adresse à lui en langue nahuatl et demande que l’on édifie un sanctuaire en son honneur sur le Cerro de Tepeyac. Juan Diego se présente ainsi aux autorités religieuses qui le somment alors de prouver ce qu’il affirme. La Vierge l’invite à retourner sur la colline pour y cueillir des fleurs en plein hiver. Juan obéit, non sans quelques réticences, son oncle étant à l’agonie. Il trouve de magnifiques roses et son oncle guérit miraculeusement. Devant plus de dix témoins, sa tilma - vêtement traditionnel - se retrouve imprimée d’une représentation de la Vierge! L’évêque Zumárraga respecte enfin la volonté mariale et fait édifier un sanctuaire. Les Indiens sont désormais reconnus comme possédant une âme et, à partir de cet épisode, tuer un indigène est un péché.

Les œuvres étroitement liées au culte marial se développent alors sur tout le continent. On trouve son illustration musicale dans des pièces paraliturgiques, les Villancicos, mais aussi dans une grande variété d’hymnes mariaux. Le présent programme met à l’honneur les compositeurs du Nouveau Monde Juan de Araujo, Tomas Torrejon y Velasco, Domenico Zipoli, Andres Flores et la musique anonyme, celle des Indiens qui écrivent - à cette époque, il faut être prêtre pour composer - sans signer leurs œuvres.


Programme
Francesco Correa de Araujo (1584-1654)
Tiento de Quarto tono
Bolivie, archives musicales de Chiquitos, Santa Ana et San Rafael de Chiquitos, indiens Guaranis
Tupasy Maria - Anonyme
Letania - Anonyme
Ay del Alma mia - Andrès Flores
Maria, todo es Maria - Andrès Flores
Pérou, Lima et Cusco
Canzon Cusco - Anonyme
Barquero que surcas - Tomàs Torejon y Velazco
Juan de Araujo - Avecillas sonoras
Espagne, berceau et inspiration de la musique latino-américaine, Séville
Gaude Maria Virgo - T.L. de Victoria
Francisco Correa de Arauxo - Tiento LVI
Dulcissima Maria - Francisco Guerrero
Guatemala, Lima et Cusco
Un juguetico de Fuego - Anonyme
Tiento de mano derecha - Juan de Llenas
Cuando el bien que adoro - Tomas Torejon y Velazco
Morenita con gracia es Maria - Juan de Araujo

Avec
Dagmar Šašková
soprano
Judith Pacquier
cornet à bouquin et flûte
Laurent Stewart
orgue

Les Traversées Baroques

Basées à Dijon, Les Traversées Baroques (direction Judith Pacquier et Etienne Meyer) explorent des répertoires baroques originaux : un voyage musical qui part de l’Italie, berceau de la musique du début du 17e siècle, et qui suit les nombreuses ramifications de son influence dans toute l’Europe. Monteverdi bien sûr, le père spirituel, mais également B. Strozzi, K. Förster, M. Mielczewscki, G.Gabrieli, B. Aliotti, G. Bassano et bien d’autres.

Les Traversées Baroques bénéficient du soutien du Ministère de la Culture (DRAC Bourgogne Franche-Comté) au titre des ensembles musicaux et vocaux conventionnés, du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté, du Conseil Départemental de la Côte d’Or et de la Ville de Dijon (en convention).


Judith Pacquier

Passionnée par la musique italienne du début du 17è siècle, et après des études de flûte à bec, d’analyse, et d’histoire de la musique, Judith Pacquier se consacre très rapidement à son instrument de prédilection : le cornet à bouquin. Elle suit l’enseignement de William Dongois et de Jean-Pierre Canihac, dont elle intègrera la classe au CNSMD de Lyon pour y obtenir son DNESM en 2001.

Concertiste reconnue, elle poursuit une carrière d’instrumentiste au sein de nombreux ensembles dont elle partage régulièrement les activités de concerts et de créations discographiques : Elyma (G. Garrido), Doulce Mémoire (D. R. Dadre), le Poème Harmonique (V. Dumestre), La Chapelle Rhénane (B. Haller), Accentus (L. Equilbey), Artaserse (P. Jarousski), Amsterdam Baroque orchestra (T. Koopman), Göteborg Baroque (M.Kellson), Concerto Copenhagen (L. U. Mortensen), Le Concert d’Astrée (E. Haïm), Ludus musicus (B. Boterf), Ars Longa (T. Paz), Weser Renaissance (M. Cordes) et a pu jouer sous la direction de Franz Brüggen, Nikolaus Harnoncourt et bien d’autres.

Passionnée par l’enseignement et la transmission, elle a dirigé de 2000 à 2013 le Conservatoire Itinérant, projet novateur proposé par les Chemins du Baroques dans le nouveau monde (A. Pacquier, L. Lissot). Entourée d’une équipe pédagogique à géométrie variable, elle a ainsi pu assurer le développement et le rayonnement de la pratique des musiques anciennes sur tout le continent latino-Américain. Des centaines de jeunes musiciens ont ainsi pu découvrir la musique du premier baroque italien ainsi que la musique baroque latino-américaine.

Elle assure également la direction artistique des Traversées Baroques, ensemble qu’elle a fondé en 2008 conjointement avec Etienne Meyer, qui en assure la direction musicale. Les Traversées Baroques est actuellement “Ensemble baroque régional associé” en résidence à l’Opéra de Dijon. L’ensemble consacre une partie de son travail à la redécouverte du répertoire des musiques européennes du début du 17ème siècle (Italie, Pologne, République tchèque). Avec ses concerts, ses enregistrements discographiques et ses créations d’opéras peu connus, mais aussi des ateliers de formations pour des publics variés, l’ensemble Les Traversées Baroques incarne un projet fédérateur et novateur, à l’échelle de l’espace européen du 21è siècle.


Laurent Stewart

Laurent Stewart, connu tout dʼabord pour ses interprétations aussi exigeantes que sensibles du répertoire du 17ème siècle européen a su aborder par la suite, avec le même bonheur, la musique du Siècle des Lumières. Sa passion pour le clavecin lʼa mené vers tout ce qui pouvait sʼy rapporter, les différentes factures instrumentales, les différentes écoles de jeux, les tempéraments de même que lʼévolution du rôle de cet instrument au cours des siècles. Son jeu est riche de cette curiosité qui ne se départ jamais de lʼessentiel : lʼémotion.

Laurent Stewart découvre le clavecin à lʼâge de 12 ans au sein de la Société de Musique Ancienne de Nice. À lʼorigine de cette passion, Scott Ross qui, lʼayant entendu jouer après un an de pratique du clavecin, lʼinvite à suivre les stages quʼil donne au château dʼAssas. À lʼâge de 15 ans, il part seul faire ses études de clavecin au Conservatoire de Vérone, en Italie, dans la classe de Sergio Vartolo. Deux ans plus tard, il rentre en France et intègre le CRR de Lille où il décroche plusieurs prix.

Parallèlement au clavecin, il étudie lʼorgue auprès de Jean Boyer, éminente personnalité du monde musical, qui restera pour lui une référence tant pour lʼinterprétation que pour la pratique de lʼenseignement. Enfin, au Conservatoire Royal dʼAnvers (Belgique), au côté de Jos van Immerseel, il parachève sa formation, récompensé dʼun Diplôme Supérieur avec grande distinction.

En musique de chambre, il participe à de nombreux concerts au sein dʼensembles prestigieux parmi lesquels La Fenice, Akadêmia, Il Seminario Musicale, Ricercar, Clément Janequin, Le Concert Spirituel, Anima Æterna, Ricercar Consort, Le Concert dʼAstrée, Pulcinella la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, Pulcinella, Les Traversées baroques... avec lesquels il pratique les musiques italiennes, françaises, allemandes et anglaises des 17ème et 18ème siècles mais également de la Renaissance. Cʼest ainsi quʼil se produit dans la plupart des pays dʼEurope, France et Ile de la Réunion, Espagne, Portugal, Italie, Belgique, Pays-Bas, Angleterre, Norvège, Turquie, Croatie, Allemagne, Autriche, Suisse, Lituanie, Grèce), mais aussi au Japon, aux Etats-Unis, en Inde, au Canada et au Chili.

Laurent Stewart a réalisé plus dʼune cinquantaine dʼenregistrements discographiques avec différents ensembles et en soliste, il a enregistré quatre disques, tous unanimement salués par la critique.


Dagmar Šašková, soprano

Dagmar Šašková débute ses études de musique et de chant à l’Université de Bohème occidentale à Pilsen avec Ludmila Kotnauerová. En 2002, elle obtient le Deuxième prix à Leoš Janáček International Competition à Brno et un Prix spécial de Bohuslav Martinů. En 2008, elle obtient brillamment son diplôme de chant baroque au Centre de musique baroque de Versailles.

Actuellement, Dagmar Šašková se produit en concert avec des ensembles baroques tels que Centre de musique baroque de Versailles, Akadêmia, Il Festino, La Fenice, Harmonia Sacra, La Rêveuse, Vedado Musica, El Sol, Les Traversées Baroques, Collegium 1704 ou encore Musica Florea.

Elle a enregistré de très nombreux disque au sein de formations prestigieuses. Récemment, elle a enregistré des airs en espagnol à la cour de Louis XIII avec l'ensemble El Sol (Chloé Sévère), intitulé Reinas.

En 2010, elle a débuté à l’opéra dans le rôle de Corisande dans « Amadis » de Jean-Baptiste Lully, une coproduction du Centre de musique baroque de Versailles et du Théâtre d’Avignon (direction Olivier Schneebeli, mise en scène Olivier Bénézech) (Avignon et Massy). Puis elle enchaîne les rôles et multiplie les collaborations en France et en Europe.

Avec l’ensemble Akadêmia (Françoise Lasserre et François Rancillac) elle est partie à New Delhi en Inde pour faire le rôle de Ninfa dans L’Orfeo par-delà le Gange de Claudio Monteverdi (également Cité de la Musique à Paris). En 2016, elle est partie en tournée avec Les Histores sacrées de Marc Antoine Charpentier comme Judith en Corée du Sud avec le Centre de musique baroque de Versailles (direction Olivier Schneebeli, mise en scène Ana Yepes).

En 2019 elle s'est produite comme Aurora dans l'opéra Le monde à l'envers de Galuppi à l'opéra Grand Avignon et à la Philharmonie de Paris (la direction de Françoise Lasserre, mise en scène Vincent Tavernier). En juillet 2021, elle a incarné le rôle de Lucie dans l’opéra Gusman d’Antoine Reicha en République tchèque.

Votre soutien

En cinquante ans d’existence, l’Association des Amis de Romainmôtier, composée uniquement de bénévoles, a organisé près de sept cents concerts et accueilli quelques cent-trente mille mélomanes. En adhérant à l'association, vous lui apportez votre soutien et lui assurez sa pérennité.